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Posted: Wed 23 Sep - 15:39 Post subject: Aube sur les Hauts du Nord |
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Lentement, sous l’effet du vent du sud qui commence à souffler, les brumes matinales se déchirent sur les hauts galgals. Toute la nuit il a pu, grâce à du bois providentiellement trouvé au pied de cette haute pierre dressée, les tenir à distance ; mais avec l’arrivée des premiers rayons du soleil, il sait que le combat va devenir inéluctable. Déjà les premiers grognements semblent se rapprocher. Encore une, fois il fait le point sur ses armes. Il sait que ce n’est pas ses habits de lin tissé qui le protégeront des crocs acérés. D’arme et de bouclier il n’a point, et de toute façon, il n’a pas appris à manier les instruments de guerre que les hommes ont appris de ses frères. Doucement et respectueusement, il sort de sa besace deux petites pierres. Noires et mattes comme une veine de charbon encore non mise à jour, les petites pierres semblent s’animer dans ses mains. Des runes colorés, issus d’une langue depuis longtemps disparue commencent à tourner autour de ses doigts rudes. Rouges pour l’ennemi, vertes pour l’ami.
Ses yeux se ferment. Sur sa nuque, il sent les traits obliques du soleil portant la douce chaleur du matin caresser ses boucles rousses. Des images de son lointain Eredor défilent dans sa tête. Le regard de son père, la douceur de la barbe de sa mère, la beauté du mont solitaire au lever du soleil, le murmure des vers récités toute la nuit sous la conduite de son mentor.
Sensiblement, ses lèvres s’agitent alors que ses bras commencent à tracer dans le ciel des figures complexes. Lentement devant lui, un bloc de granit sombre sort sans bruit de la terre. Des runes verdoyantes flambent à sa surface, tandis que fines fumées s’étirent en spirales autour de son pied. Une douce chaleur envahit Kiili, il sent son corps oublier la marche forcée qu’il s’est imposé la veille. Les affres d’une nuit sans sommeil fuient son corps. Il annone encore quelques vers de renforcement puis ouvre les yeux. Au bas du tertre herbu où il s’est réfugié trois barghests grognent en le regardant. Les derniers rideaux de brume s’attardent encore, le petit feu craque de ses derniers crépitements, les bêtes maudites montrent leurs crocs et s’avancent. Ses pieds s’ancrent plus profondément dans la terre maudite, ses bras s’immobilisent, sa respiration se fait plus rapide. Il est prêt au combat.
......(to be continued...ou pas). |
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